Pourquoi avoir opté pour la méthanisation ?

Le Plan départemental avait opté pour une unité de tri mécano biologique, mais avait laissé au SMTD 65 le soin de choisir le procédé de traitement biologique : compostage ou méthanisation. C’est cette dernière solution qui a été choisie. La décision a été votée à l’unanimité par le comité syndical, qui est l’instance décisionnaire et où siège l’ensemble des élus du SMTD 65, représentants eux même les élus de toutes les communes adhérentes. Rappelons en effet que le SMTD 65 est un organisme public, plus exactement un EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) et qu’il est donc dirigé par des élus.

Ce choix s’explique principalement pour des raisons économiques. En effet, la méthanisation permet de produire du méthane, qui peut être revendue et réinjecté dans le réseau de « Gaz de France ». Ce qui permet d’obtenir des recettes et donc de diminuer d’autant le coût de traitement des déchets ménagers. Le montant escompté de ces recettes est de l’ordre de 2 millions d’euros, que les usagers n’auront pas à payer sur leur TEOM (Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères).

Peut-on, comme n’hésitent pas à le faire certains, reprocher aux élus d’avoir privilégié l’économie au détriment de l’environnement et d’avoir choisi une solution porteuse de nuisances environnementales simplement  pour préserver le porte-monnaie des usagers ? Ce serait oublier que la méthanisation des ordures ménagères est un procédé qui a été principalement développé dans le nord de l’Europe et qui a largement fait ses preuves. Fin 2002, on comptait ainsi 78 unités industrielles de méthanisation de déchets ménagers et assimilés en service en Europe,  pour une capacité de traitement de 2,3 millions de tonnes de déchets par an. En France, il existe actuellement six installations en service et plus d’une dizaine sont aujourd’hui en projet.

Certes, en France, deux installations en particulier ont rencontré des difficultés. Il s’agit des usines de Montpellier et d’Angers. On en connaît les causes : bâtiments pas suffisamment isolés de l’extérieur et systèmes de renouvellement de l’air sous-dimensionnés. Les collectivités qui avaient réalisé ces usines ont dû engager de nouveaux investissements pour résoudre ces problèmes. Mais, sur le fond, ces « ratés » ne remettent pas en cause l’intérêt de la méthanisation, en tant que procédé de valorisation des ordures ménagères. Ils montrent simplement que, si l’on veut réaliser une installation qui ne représente aucune gêne pour le voisinage, il faut y mettre les moyens. Tel a été le choix des élus du SMTD 65.

En effet, quand on compare par exemple les coûts d’investissement  de l’usine de Montpellier et ceux de l’UTV 65, on constate que ces derniers sont nettement plus élevés. Ils s’élèvent à 33,2 € la tonne, alors qu’ils étaient de 16,75 € pour l’usine de Montpellier, telle qu’elle avait été conçue au départ, et de 24,2 € après les travaux qui y ont été engagés pour mettre un terme aux nuisances générées par son exploitation. L’UTV 65 coûtera plus cher pour la simple et bonne raison que tous les moyens et dispositifs techniques les plus efficaces de traitement des odeurs y auront été intégrés dès le départ.